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Vue et entendue

Vendredi 17 juillet 2009

«Le développement de l’Afrique dépend d’une bonne gouvernance...L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions solides.»

Barack Hussein Obama, le 11 juillet 2009 à Accra



Deux ans presque jour pour jour, deux présidents se sont adressés à l’Afrique avec des approches diamétralement opposées sur la forme mais non sur le fond. L’une se référant à la doxa occidentale depuis près de deux siècles et qui a commencé avec Hegel en 1830 (l’année de l’envahissement de l’Algérie) et s’est poursuivie avec pourrait-on dire les idéologues, du calibre de Renan, Cecil Rhodes voire de Victor Hugo dont les écrits font froid dans le dos. L’autre le président Obama qui, d’une façon ou d’une autre a un patrimoine génétique affectif avec la patrie de ses ancêtres, a su trouver les mots qui admonestent sans blesser.



La position la plus radicale à cet égard est celle qui consiste à dire que l’Histoire de l’Afrique (Noire) n’existe pas. Dans son Cours sur la philosophie de l’histoire en 1830, Hegel déclarait : «L’Afrique n’est pas une partie historique du monde. Elle n’a pas de mouvements, de développements à montrer. De mouvements historiques en elle. C’est-à-dire que sa partie septentrionale appartient au monde européen ou asiatique ; ce que nous entendons précisément par l’Afrique est l’esprit ahistorique, l’esprit non développé, encore enveloppé dans des conditions de naturel et qui doit être présenté ici seulement comme au seuil de l’Histoire du monde.» Coupland, dans son manuel sur l’Histoire de l’Afrique orientale, écrivait (en 1928, il est vrai) : «Jusqu’à D. Livingstone, on peut dire que l’Afrique proprement dite n’avait pas eu d’histoire. La majorité de ses habitants étaient restés, durant des temps immémoriaux, plongés dans la barbarie. Tel avait été, semble-t-il, le décret de la nature. Ils demeuraient stagnants, sans avancer ni reculer.»



«Donc, deux races humaines habitant l’Afrique ont seules joué un rôle efficient dans l’histoire universelle : en premier lieu et d’une façon considérable, les Egyptiens, puis les peuples du Nord de l’Afrique». En 1957, c’est P. Gaxotte qui écrit sans broncher dans la Revue de Paris : «Ces peuples (vous voyez de qui il s’agit..) n’ont rien donné à l’humanité ; et il faut bien que quelque chose en eux les en ait empêchés. Ils n’ont rien produit, ni Euclide, ni Aristote, ni Galilée, ni Lavoisier, ni Pasteur. Leurs épopées n’ont été chantées par aucun Homère.»



"(...)Un grand historien comme Charles-André Julien, va jusqu’à intituler un paragraphe de son ouvrage sur l’Histoire de l’Afrique «L’Afrique, pays sans Histoire», dans lequel il écrit : «L’Afrique Noire, la véritable Afrique, se dérobe à l’Histoire.»(2)



Voilà pour les fondements du discours prononcé le 22 juillet 2007, à l’université de Dakar par le président français Nicolas Sarkozy. Morceaux choisis : «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. (...) Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.»



Pendant qu’à Accra, Obama exhortait les parlementaires ghanéens a persévérer sur le chemin des réformes démocratiques, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, à Brazzaville, au Congo, une élection contestée d’avance par l’opposition la plus représentative était sur le point d’accoucher d’un mal élu. Sarkozy se murait dans un silence coupable sur une telle parodie de la présidentielle que M.Sassou Nguesso s’apprêtait à organiser et remporter au Congo. Pourtant, les populations du Congo auraient voulu avoir le soutien du président français qui avait lui-même promis pendant la campagne électorale française une rupture de la politique française en Afrique.



Pour Emmanuel Semanou, responsable de Survie 13, la Francafrique est toujours présente malgré les promesses du candidat Sarkozy d’y mettre fin. Ecoutons-le répondre à la question de savoir si la Francafrique est un mythe dépassé, il répond : «Pas du tout. C’est encore une réalité aujourd’hui dans toute l’Afrique de l’Ouest. J’en veux pour preuve la très importante présence militaire française dans de nombreux pays d’Afrique. Mais au-delà, songez que la monnaie de 15 pays d’Afrique s’appelle le ´´franc CFA´´, qui voulait dire ´´franc des Colonies françaises d’Afrique´´. Il faut savoir que c’est la Banque de France qui détermine la parité de ces monnaies avec l’euro. Toutes les banques privées de l’Afrique francophone sont des filiales des banques françaises, les banques nationales sont étroitement liées à la Banque de France, qui prélève une part importante, entre 50% et 65% des revenus générés par les placements d’État. (...) Il y a toute une génération de dirigeants africains liés à Paris, qui ont fait du mal à leurs peuples et qui ont empêché la création d’une vraie Unité africaine, contraire aux intérêts de la France.(...) Je dirai que les entreprises chinoises prennent ce que la France a accepté de leur laisser, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. La France s’est concentrée sur ses intérêts stratégiques, le pétrole, l’uranium...Au Niger, Areva n’a laissé que des miettes aux Chinois qui exploitent l’uranium.»(3)



Un plaidoyer lumineux de Achille Mbembe permet de comprendre la mécanique coloniale et l’assujetissement des élites françaises de tout bord à la nostalgie de l’empire. Ecoutons-le : «Dans sa ´´franchise´´ et sa ´´sincérité´´, Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit..(...) Ainsi, pour s’adresser à ´´l’élite de la jeunesse africaine´´, Henri Guaino se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l’Afrique dans son ouvrage La Raison dans l’histoire - et dont j’ai fait, récemment encore et après bien d’autres, une longue critique dans mon livre De la postcolonie (pp. 221-230). Selon Hegel, en effet, l’Afrique est le pays de la substance immobile et du désordre éblouissant, joyeux et tragique de la création. Les nègres, tels nous les voyons aujourd’hui, tels ils ont toujours été. Dans l’immense énergie de l’arbitraire naturel qui les domine, ni le moment moral, ni les idées de liberté, de justice et de progrès n’ont aucune place ni statut particulier.»(4)



«À côté de Hegel existe un deuxième fonds que recyclent sans complexe les ´´nouvelles élites françaises´´. Cet amas de préjugés, Lévy Brühl tenta d’en faire un système dans ses considérations sur ´´la mentalité primitive´´ ou encore ´´prélogique´´. Dans un ensemble d’essais concernant les ´´sociétés inférieures´´ (Les Fonctions mentales en 1910 ; puis La Mentalité primitive en 1921), il s’acharnera à donner une caution pseudo-scientifique à la distinction entre ´´l’homme occidental´´ doué de raison et les peuples et races non-occidentaux enfermés dans le cycle de la répétition et du temps mythico-cyclique. (...)



(…) Il y a aussi le legs des expositions coloniales, la tradition des zoos humains analysée par Pascal Blanchard et ses collègues, et celle des récits de voyage les uns toujours plus fantastiques que les autres. C’est tout cela qui nourrit à son tour un habitus raciste, souvent inconscient, qui est ensuite repris par la culture de masse à travers les films, la publicité, les bandes dessinées, la peinture, la photographie, et, conséquence logique, la politique ´´Y’a bon banania´´ et ´´Mon z’ami toi quoi y’en a´´.»(4)



« (...) Comment peut-on se présenter à l’université Cheikh Anta-Diop de Dakar au début du XXIe siècle et s’adresser à l’élite intellectuelle comme si l’Afrique n’avait pas de tradition critique propre et comme si Senghor et Camara Laye, chantres respectifs de l’émotion nègre et du royaume de l’enfance, n’avaient pas fait l’objet de vigoureuses réfutations internes?"



(...) Quant à l’antienne sur la colonisation et le refus de la ´´repentance´´, voilà qui sort tout droit des spéculations de Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut et autres Daniel Lefeuvre. Mais à qui fera-t-on croire qu’il n’existe pas de responsabilité morale pour des actes perpétrés par un État au long de son histoire? À qui fera-t-on croire que pour créer un monde humain, il faut évacuer la morale et l’éthique par la fenêtre puisque dans ce monde, il n’existe ni justice des plaintes, ni justice des causes? Afin de dédouaner un système inique, la tentation est aujourd’hui de réécrire l’histoire de la France et de son empire en en faisant une histoire de la ´´pacification´´, de ´´la mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres´´, de la ´´diffusion de l’enseignement´´, de la ´´fondation d’une médecine moderne´´, de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires. (..) »



« Si donc la France veut jouer un rôle positif dans l’avènement de ce monde commun, il faut qu’elle renonce à ses préjugés. Il faut que ses nouvelles élites opèrent le difficile travail intellectuel sans lequel les proclamations politiciennes d’amitié n’auront aucun sens. On ne peut pas, comme à Dakar, parler à l’ami sans s’adresser à lui. Etre capable d’amitié, c’est, comme le soulignait Jacques Derrida, savoir honorer en son ami l’ennemi qu’il peut être Pour l’heure, et s’agissant de l’Afrique, il manque tout simplement à la France le crédit moral qui lui permettrait de parler avec certitude et autorité.»(4)

Dans son discours d’Accra, Obama fustige les dictateurs africains qui modifient notamment leurs Constitutions, pour se maintenir au pouvoir. Pendant ce temps, le président français, lui, les reçoit en grande pompe ou, leur rend visite sans vergogne. Obama a appelé l’Afrique à prendre en main son propre destin en combattant les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie et en l’assurant du soutien américain dans cette vaste entreprise. Barack Obama a ravivé le slogan de sa campagne électorale : ´´Yes, you can´´. M.Obama a expliqué qu’il y a cinquante ans, quand son père a quitté Nairobi pour étudier aux Etats-Unis, le Kenya avait un PNB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud. ´´On a parlé d’héritage du colonialisme et d’autres politiques mises en place par les pays riches. Sans vouloir minimiser ce facteur, mon propos est de dire que la Corée du Sud, en travaillant avec le secteur privé et la société civile, a réussi à mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilité.´´ Alors que dans beaucoup de pays d’Afrique, ´´si vous voulez avoir un job ou créer une entreprise, vous devez payer des pots-de-vin´´. ´´Une partie de ce qui a empêché l’Afrique d’avancer est que, pendant des années, on a dit que c’était la conséquence du néocolonialisme, ou de l’oppression occidentale, ou du racisme... Je ne crois pas beaucoup aux excuses, a-t-il dit dans son entretien à Allafrica.com. Les cartes coloniales qui ont été tracées ont favorisé les conflits, mais nous sommes en 2009. L’Occident et les Etats-Unis ne sont pas responsables de la situation de l’économie du Zimbabwe depuis quinze ou vingt ans.´´»



Theophile Kouamou s’interroge si les deux interventions sont-elles radicalement opposées? Non, pas vraiment, dit-il. Les thématiques se rejoignent à plusieurs reprises. Sarkozy affirme : «L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur.» Obama dit : «Dans de nombreux endroits, l’espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes.» Barack et Sarko s’adressent tous les deux à la jeunesse africaine, à qui il revient de relever les défis de demain. Et pourtant, ses propos ont été perçus de manière très positive sur le continent, alors que ceux du président français ont suscité une polémique. (...) Obama, président d’une Amérique qui sait faire rêver comme aucune grande puissance, est «un enfant du pays». Son histoire et l’histoire de sa famille font qu’il est difficile de faire peser sur lui le passé impérialiste que partagent la France et les Etats-Unis...«Obama est, lui aussi, dépositaire des souffrances de l’Afrique, ce qui n’est pas le cas d’un Nicolas Sarkozy, qui a longtemps été vu comme l’ex-ministre préposé à l’expulsion des étrangers.»



«De plus, alors que Sarkozy à Dakar n’a pas su rompre avec la rhétorique du clivage et de l’affrontement, qu’il affectionne tant, et s’est posé en grand professeur qui sait tout -disant à plusieurs reprises "le problème de l’Afrique, c’est que..."-, Obama a su utiliser l’art de la nuance, dénonçant l’Afrique de la honte pour mieux mettre en valeur, à travers de nombreux exemples, l’autre Afrique. Chez Sarkozy, il s’agit du "paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature", et qui ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.» Obama, lui, évoque les «braves Africains» qui sont du bon côté de l’histoire : le pouvoir et l’opposition ghanéens qui cohabitent harmonieusement, des policiers incorruptibles, des membres de la société civile engagés dans la fin des violences électorales au Kenya, etc. En bon «storyteller», Obama raconte, dans une sorte de roman d’anticipation, l’histoire d’une renaissance dont les Africains sont les héros.(5)



En définitive, seul le ton est différent, l’Afrique attend les sauveurs qui lui permettront de tordre le coup à une doxa qui dure pratiquement le temps du Code Noir...Ce que nous avons pointé du doigt dans notre ouvrage : L’Occident à la conquête du monde.(6)


1.Hegel Leçons sur la philosophie de l’histoire, 1830

2.Joseph Ki-Zerbo http://www.refer.sn/ethiopiques/article.php3?id_article=507 &artsuite=1

3.Emmanuel Semanou, Le néocolonialisme mène au rejet de la France 5 juillet : Mlle babords

4.Achille Mbembe http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=6784

5.Théophile Kouamou : De Sarkozy ou Obama, à l’Afrique? Rue 89 13/07/2009

6.Chems Eddine Chitour : L’Occident à la conquête du monde.Editions. Enag 2009




Source:http://www.alterinfo.net/Obama,-Sarkozy-et-l-Afrique-Un-meme-constat-et-deux-approches-differentes_a34544.html par Pr Chems Eddine Chitour

Par Euler
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Vendredi 2 janvier 2009

Cette élection de Barack Obama inspire en Elle une réflexion au Chef de l’État, Laurent Gbagbo en sa qualité d’historien. J'avais vu les texte dans les journaux(titre) hélas je n'avait pu m'en procurer. Aujourd'hui c'est fait. N'étant pas historien je ne possède pas d'arguments objectifs en ce sens ,pour en faire la critique.Toutefois j'ai été séduit par la qualité du texte.Je vous le faire partager et à vos commentaires; bonne lecture!


Mardi 4 novembre 2008, au terme d’une campagne électorale palpitante, les Américains ont élu le démocrate Barack Obama 44ème Président des Etats-Unis.

Il s’agissait d’une élection nationale, intervenant dans le fonctionnement régulier du système démocratique américain qui est réglé comme une horloge et devant lequel nous sommes toujours en admiration. Tous les quatre ans, le mardi qui suit le premier lundi de novembre de l’année des élections, le peuple américain est appelé aux urnes pour élire, dans chaque Etat de l’Union, les personnes qui composent le collège des «Grands électeurs».

Ce sont ces derniers qui élisent officiellement le Président et le Vice-président des Etats-Unis au cours d’un vote, le vote électoral proprement dit, ayant lieu le premier lundi qui suit le dernier mercredi de décembre. Ce système censitaire, plus proche des premières démocraties de la Grèce et de la Rome antiques que des démocraties actuelles, est régi par la Constitution américaine, l’une des plus anciennes du monde puisqu’elle remonte à la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776.Il se trouve cependant que le Président élu ce mardi 4 novembre 2008 est un Noir, un Africain Américain, le premier à accéder ainsi à la tête de l’un des Etats les plus puissants du monde. Dans un pays ayant connu l’esclavage, la ségrégation raciale et où la lutte pour les droits civiques a ses martyrs, l’élection de cet homme donne beaucoup à penser, en même temps qu’elle confirme la force de l’idéal démocratique.

À tout point de vue, c’est un vote révolutionnaire. Il introduit un changement analogue à la conversion de l’Empereur romain Constantin 1er au christianisme vers 312, au début de l’ère chrétienne. Un individu choisit sa religion et la foi du plus grand Empire du monde bascule. Ici c’est un peuple, le peuple américain qui fait un choix, celui de son président, et le monde entier a le sentiment d’avoir changé. Il ne s’agit que du renouvellement normal des institutions aux Etats-Unis mais on a le sentiment qu’il s’est produit un changement de régime.
 
Je suis né en 1945, l’année où s’est terminée la seconde guerre mondiale. Les hommes et les femmes de ma génération sont témoins et parfois acteurs de grands événements ayant changé le regard de l’homme sur le monde et le regard de l’homme sur lui-même. L’élection de Barack Obama s’inscrit dans l’ordre de ces événements importants.

Il y a eu la découverte de l’arme atomique et la fin de la seconde guerre mondiale; la découverte des camps de concentration et la création de l’Etat d’Israël en 1948; la naissance de l’Organisation des Nations unies dont le projet essentiel et le principal objet sont d’éviter les conflits entre Etats; la révolution chinoise en 1949 avec la prise du pouvoir par Mao Tse Toung qui a vu la moitié de l’humanité s’éveiller pour transformer «l’Empire du milieu» en un pôle de puissance; la nationalisation du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser en 1956; la constitution du «Bloc de l’Est» et les différentes crises internationales de la «Guerre froide»; les indépendances africaines dans les années 1960; les luttes pour les Droits civiques aux Etats-Unis, marquées par l’assassinat de Martin Luther King en 1968; le voyage de Anouar el-Sadate, premier dirigeant arabe à se rendre officiellement en Israël en novembre 1977 où il rencontre Menahem Begin et prend la parole devant la Knesset à Jérusalem; l’effondrement du Bloc soviétique en 1989 et la fin de la «Guerre froide», avec pour conséquence la naissance de la démocratie pluraliste dans les Etats africains, etc. C’est dans ce contexte qu’un Noir, Nelson Mandela, a été élu à la tête de l’Etat d’Afrique du Sud en 1994, consacrant ainsi la fin de l’Apartheid électoral.

Notre génération a également assisté à la construction progressive de l’Europe, d’abord comme un projet de paix devenu ensuite un projet économique et financier qui a abouti aujourd’hui à l’adoption de l’Euro, la monnaie unique européenne. Nous avons vu aussi la naissance de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) en 1963, puis de l’Union africaine en 2002...

Et aujourd’hui nous avons l’élection de Barack Obama. Nous ne savons pas encore ce qu’il va faire. Par contre, nous savons qu’il est le Président des Etats-Unis, qu’il va gouverner dans l’intérêt des Américains et que, dans le monde, il va œuvrer pour les intérêts de l’Amérique. Un Président élu dans un pays ne peut traiter et il ne traite les problèmes qui se posent dans un autre pays, voire dans le monde, que dans la mesure où le règlement de ces problèmes est profitable au pays qu’il dirige.
Mais les Etats-Unis ne sont pas un pays quelconque. Parce que tout ce qui se passe dans ce pays a une portée mondiale, chacun se doit de saisir le message que le peuple américain adresse au monde à travers cette élection historique.

Une première série de considérations concerne la place de l’évènement dans l’histoire même des Etats-Unis, s’agissant en particulier du progrès des libertés et de l’éthique politique en démocratie.

L’on retient volontiers à cet égard et à juste titre, que la première grande portée symbolique de l’élection de Barack Obama, c’est qu’elle s’intègre dans l’histoire des luttes pour la cause des Noirs et des droits civiques en Amérique. Le monde entier a suivi l’expression de l’immense émotion de l’instant sur le visage du pasteur Jesse Jackson qui n’a pu retenir ses larmes. Le combat de nombreuses générations, dont la sienne, venait d’aboutir. Ce compagnon de Martin Luther King, lui-même deux fois candidat aux primaires démocrates, voyait là une victoire que beaucoup n’imaginaient pas qu’elle arriverait si tôt, voire qu’elle arriverait un jour. Mais cela ne les avait nullement empêchés de s’engager.

La présence de Jesse Jackson, dans la foule cette nuit électorale à Chicago, donnait en fait une profondeur historique à la victoire de Barack Obama. L’un des enjeux principaux de la Guerre de sécession ayant opposé les Etats du Nord à ceux du Sud entre 1861 et 1865 était en effet l’abolition de l’esclavage. C’est à la suite de cette guerre que l’esclavage est aboli aux Etats-Unis en 1865. Mais sitôt la guerre finie et la reconstruction terminée, les Etats du Sud instaurent dès 1876 les lois dites Jim Crow Laws créant la ségrégation raciale. Ces lois permettent de contourner les 13ème et 15ème amendements de la Constitution ayant aboli l’esclavage et accordé le statut de citoyen aux Noirs américains. La Cour suprême des Etats-Unis les entérine par l’arrêt Ferguson en 1896 en formulant la doctrine «Separate but equal» (Séparés mais égaux). C’est contre cette législation raciste, restée en vigueur pendant près d’un siècle, que se créent les mouvements pour les Droits civiques animés par des générations de militants comprenant des hommes comme Marcus Garvey, Thurgood Marshall, Martin Luther King, ... La lutte pour les droits civiques s’intensifie à partir de 1955, avec le début du boycott des transports en commun à Montgomery. Les lois Jim Crow seront abolies par le Civil Rights Act, voté en 1964, soit quatre-vingt-huit ans après leur adoption. Le Civil rights Act sera complété par le Voting Rights Act, accordant le droit de vote aux Noirs en 1965.
 
C’est au bout de cette longue histoire qu’intervient l’élection de Barack Obama. Cette histoire illustre bien le principe qui guide tous ceux et toutes celles qui se battent pour une cause juste, sans se soucier de savoir s’ils verront l’aboutissement de leur combat ni a fortiori s’ils seront eux-mêmes les héros de la victoire. Les larmes de Jesse Jackson rappellent celles de Pierre Mendès France, accueillant la victoire de François Mitterrand en 1981, au terme d’une longue lutte pour l’alternance politique en faveur de la Gauche en France.

Si Martin Luther King et les autres avaient attendu d’être certains d’arriver eux-mêmes au pouvoir avant de s’engager, les Etats-Unis n’auraient certainement pas franchi de sitôt ce pas décisif qui leur permet aujourd’hui de combler le fossé entre l’idée qu’ils ont de leur grandeur et leur histoire concrète. «J’ai vu la Terre promise, disait Martin Luther King. Je peux ne pas y arriver avec vous mais, je voudrais que vous sachiez ce soir que nous, en tant que peuple, nous atteindrons la Terre promise.»
 
Pour un continent comme l’Afrique, où il y a tant et tant de luttes à mener pour les libertés, mais où le contexte de pénurie amène souvent à sacrifier l’avenir sur l’autel des besoins immédiats et des attentes personnelles, l’Amérique vient de nous donner la preuve que le combat pour une cause juste n’est jamais vain, même si celui qui le mène n’en voit pas l’aboutissement.
 
Mais il y a une deuxième leçon à tirer de cette élection et elle est donnée par McCain. Dans son adresse devant ses partisans, après la proclamation des résultats, le candidat du parti républicain a non seulement reconnu sa part de responsabilité dans la défaite, mais il a clairement indiqué la portée historique de la victoire de son adversaire: «Le peuple américain a parlé, disait-il, et il a parlé clairement C’est une élection historique. Je connais la signification particulière qu’elle a pour les Noirs américains, la fierté qui doit être la leur ce soir.»

C’est une preuve de grandeur d’âme, une admirable leçon d’éthique politique, et le signe d’une démocratie sûre d’elle-même. C’est le discours d’un patriote et d’un homme profondément pénétré des valeurs de la démocratie. La victoire de Barack Obama marque en effet l’échec des analyses de type ethniciste en matière électorale. Le nouveau Président élu des Etats-Unis est issu de la communauté noire américaine. Mais le seul vote de cette communauté n’aurait pas suffi à le faire élire. L’Amérique compte en effet trois grandes communautés: les Anglo-Saxons, les «Latinos» et les Africains Américains. Ces derniers ne viennent qu’en troisième position en terme d’importance démographique. C’est donc le peuple américain, dans son ensemble, qui a choisi le président des Etats-Unis en faisant fi des considérations raciales.
Cette victoire constitue également un démenti des discours politiques qui s’appuient sur la prédestination ou l’héritage en politique. Les peuples n’entrent en mouvement que pour les grands défis de leur histoire. Les peuples entrent toujours en mouvement quand il s’agit d’honorer leur rendez-vous avec l’Histoire. Nous l’avons vu dans les luttes pour la libération en Afrique et ailleurs. Quand le destin des nations est en jeu, les peuples se jouent de leurs clivages, pour aller à l’essentiel, à ce qui les unit, à ce qui fait la grandeur et la solidité de leur communauté de vie.

La mobilisation exceptionnelle du peuple américain dans ce contexte de crise sociale et économique aux Etats-Unis et de crises multiples au plan international est un signal que chacun de nous doit pouvoir lire, interpréter et comprendre. Nous sommes à l’âge de la démocratie, l’âge des peuples. L’âge où les peuples s’emparent des idées d’un individu, se les approprient, et se battent pour porter cet individu au pouvoir afin de voir se réaliser leurs espérances. Un électeur américain d’un certain âge s’est contenté pour tout commentaire, après la proclamation des résultats, de dire: «Yes we did it ! We the people» (Oui, nous l’avons fait ! Nous le peuple), avant d’éclater en sanglots de joie.

C’est avec honneur et fierté que je salue le peuple américain, l’homme Obama et sa victoire pour cette belle leçon de démocratie qu’ils viennent de nous donner.
Mais cet homme qui suscite tant d’espoir aux Etats-Unis et dont l’élection est saluée dans tous les pays, dans quel état trouve-t-il le monde en arrivant à la Maison Blanche? Les grands dossiers ne manquent pas et sur chacun de ces dossiers, l’avis, la position, voire les solutions de l’administration Obama sont attendus avec la plus grande attention au niveau des Etats comme au sein des peuples à travers la planète.

Parmi ces dossiers, il y en a un qui est imposé par l’actualité; c’est celui de la crise financière, que l’on compare déjà à la crise de 1929 qui a précipité les Etats-Unis dans la «Grande dépression». Il est trop tôt pour dire si la crise financière de 2008 est en train de s’achever ou si, au contraire, elle ne fait que commencer. Mais, d’ores et déjà, elle met en lumière certaines faiblesses du système financier aux Etats-Unis et dans le monde, en même temps qu’elle impose la nécessité de repenser le système financier et économique à l’échelle internationale. Un phénomène qui ne concernait au départ que le crédit immobilier aux Etats-Unis, ce que l’on a appelé la crise des subprimes, aura révélé, au bout de quelques mois, la forte interdépendance des systèmes financiers en provoquant le krach en cascade des bourses mondiales. Des réactions adoptées face à cette crise, allant du plan Paulson aux Etats-Unis au recours à des fonds colossaux injectés par les Etats dans les banques privées en Europe, en Amérique et ailleurs; allant aussi de la logique de solutions nationales à celle de solutions concertées, il se dégage une constante: le retour de l’Etat. L’Etat comme acteur essentiel du système financier et économique, au niveau des pays comme au niveau international. Il est d’ailleurs assez révélateur que le Président élu, Obama, demande au Président sortant, Georges Bush, de faire intervenir au plus vite l’Etat pour sauver la société General Motors.

Il serait toutefois hasardeux d’affirmer que le capitalisme est à genoux ou, a fortiori, que nous assistons à la fin du capitalisme. Ce que l’on peut dire, c’est que l’économie fonctionne de manière cyclique et que la crise actuelle marque certainement la fin d’un cycle et le début d’un autre. L’un des enjeux de cette crise sera la place et le rôle des économies émergentes parmi lesquelles, l’Afrique n’occupe encore qu’une place marginale.
 
A côté de ce dossier, et outre ceux qui impliquent directement les Etats-Unis, comme les deux guerres en Irak et en Afghanistan, il y a de façon générale, la question de la Paix dans le monde.

Aujourd’hui, la «Guerre froide est finie». Elle opposait d’un côté les Etats-Unis et leurs alliés de l’Ouest et, de l’autre, l’ex-Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), et ses alliés du «Bloc de l’Est».
 
En 1989, le Mur de Berlin, symbole sur le continent européen de la division du monde en deux, s’est écroulé, entraînant dans sa chute le Bloc de l’Est. L’Union soviétique a éclaté. L’Allemagne est réunifiée. La plupart des anciens pays alliés de l’Urss intègrent l’Union européenne. Dans ce contexte, quelle approche la nouvelle administration américaine aura-t-elle des relations entre la Russie et les Etats-Unis ? Irons-nous vers le développement d’un climat d’amitié ou plutôt vers la réminiscence d’attitudes héritées de la Guerre froide ?

Le monde entier a plutôt intérêt à ce qu’il y ait des rapports amicaux entre les Etats-Unis, l’Europe, la Russie et la Chine, les pays-continents les plus armés dans le monde.
 
Le troisième sujet de préoccupation, lié à la paix dans le monde, concerne la prolifération de l’arme nucléaire et, de façon générale, la question des armes de destruction massive. Cette question est délicate puisqu’elle implique un arbitrage entre ce que la souveraineté des Etats autorise et ce qui ne peut être toléré au nom de la paix et de la sécurité des Etats, des peuples et des individus. Elle constitue aujourd’hui l’un des grands défis de la Paix dans le monde. Il est nécessaire de développer une approche globale, sur la base d’une nouvelle définition de la notion même «d’arme de destruction massive» pour prendre en compte les armes de ce type existantes et à venir.
 
Parmi les questions de géopolitique, il y a toujours celle qui oppose à travers le monde les partisans d’une seule Chine, à ceux qui sont pour l’existence de deux Chine. Pour nous, il est évident que la Chine est une et qu’elle est représentée par les autorités de Pékin. Quoi qu’il en soit, ce problème doit trouver une solution politique et pacifique. Et il est heureux, à cet égard, de voir que les autorités de l’île et celles du continent multiplient ces derniers temps les signes d’un rapprochement.

Il y a également le problème israélo-arabe. Tout le monde semble désormais d’accord, dans la région comme au sein de la communauté internationale, qu’à côté de l’Etat d’Israël il puisse exister un Etat palestinien. Mais depuis quinze ans, la mise en œuvre d’un tel projet n’avance guère. Espérons que les années à venir verront enfin une paix équitable s’établir dans la région.

Le dossier de l’environnement est enfin la grande préoccupation de notre temps. Le monde ne peut plus se permettre de traiter les problèmes de l’environnement et les interrogations qu’ils suscitent comme un sujet mineur. Les forêts disparaissent, les glaciers des pôles fondent, le niveau des eaux monte, les villes et régions côtières sont menacées par l’érosion côtière. Les effets du changement climatique sont d’ores et déjà perceptibles à travers les catastrophes qui se multiplient.

C’est dans un tel contexte de défis aussi cruciaux les uns que les autres que Barack Obama est élu à la tête des Etats-Unis. Le peuple américain l’a jugé apte à affronter ces défis. Cette confiance de son peuple est le premier capital dont il dispose. Son parcours personnel, son programme politique, la rigueur dont il a fait preuve tout au long de la campagne électorale, tout ceci indique qu’il est à la hauteur des enjeux de son temps, aux Etats-Unis comme dans le monde.

© Cotedivoire-pr.ci 

Par Euler
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Dimanche 9 décembre 2007
 
 

L’international tunisien Hatem Trabelsi quitte précipitamment Amsterdam sans payer ses arriérés de loyer, mais en laissant sur place quelques effets personnels. Que son propriétaire aura la riche idée de mettre aux enchères.

Le talentueux footballeur tunisien Hatem Trabelsi a fait les beaux jours du prestigieux Ajax d’Amsterdam pendant quelques années, entre 2002 et 2006. Puis un jour, il a changé de club : il a endossé le maillot de Manchester City et a traversé la Manche. Tout cela serait banal si l’ancien défenseur du Club sportif sfaxien n’avait pas déménagé à la cloche de bois. Il est parti sans prévenir, et surtout sans payer ses arriérés de loyer, qui se montaient, aussi incroyable que cela puisse paraître, à… 28 000 euros.

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On ne peut que rêver d’avoir un propriétaire aussi patient ou compréhensif. En tout cas, ledit propriétaire s’est retrouvé avec un locataire disparu et un appartement à peu près vide. À peu près, mais pas tout à fait : l’ami Hatem n’avait pas pu tout entasser dans ses valises. Ce qui a donné l’idée au propriétaire d’organiser une vente aux enchères de tout le fourbi.

Un maillot de la Juventus de Turin porté par le milieu de ?terrain tchèque Pavel Nedved a été adjugé à 450 euros (on sait que les footballeurs échangent parfois leurs maillots à l’issue d’une rencontre). Des jouets pour enfant ont trouvé preneur. Un ordinateur portable aussi.

Mais le plus cocasse se produisit vers la fin de la séance. Un short de l’équipe nationale de Tunisie, porté par Trabelsi, a été adjugé à 75 euros. L’heureux acquéreur, de nationalité marocaine, nous a précisé qu’il allait se servir de ce short « authentique » pour de sombres opérations de sorcellerie, à chaque fois que son pays allait jouer contre la Tunisie. Des petites fléchettes plantées dans le vêtement, des encens sinistres, du vaudou sauce doukkalie… Les valeureux Tunisiens auront beau faire, le diable et tous les petits démons joueront avec l’adversaire. Imbattable, l’adversaire ! Qui peut mettre un but à Belzébuth ?

On n’avait jamais observé un cas aussi étrange : un footballeur qui fait perdre son équipe sans même jouer. Ce sera chose faite pour le prochain Tunisie-Maroc. Tant pis pour Trabelsi : il n’avait qu’à payer son loyer.

Par Euler
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Vendredi 7 décembre 2007

 

En tout cas, les Français ne sont plus très intéressés par la lecture des ouvrages du cinquième président de la Cinquième dans_la_peau_de_jacques_chiracRépublique, qui sont envoyés pour la plupart au pilon, selon le site du magazine spécialisé Lire, qui écrit :

"L'ancien président de la République connaît l'un des crashs éditoriaux les plus retentissants de ces dernières années : ses deux recueils de textes sortis en mars, Mon combat pour la France et Mon combat pour la paix, tirés chacun à 100 000 exemplaires, ont trouvé moins de... 5 000 acheteurs par titre ! Du coup, le taux d'invendus retournés à l'éditeur, Odile Jacob, dépasse les 90 %."

Yako !

 

 

                                                            Par T kouamouo

Par Euler
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Dimanche 18 novembre 2007

On en parle peu. Et avec raison. C’est la plus grande honte pour l’Afrique noire. On connaît ces bras valides qui meurent chaque jour dans la mer en tentant de regagner les bords de l’Europe. Par manque de visa ils sont obligés de passer par la mer pour mourir. J’ai décidé de ne plus en parler. On a beau sensibiliser toute cette force africaine sur les dangers de ce voyage sans retour rien ne change à leur démangeaison de partir. Parlons aujourd’hui de ceux qui ont facilement le visa. Ce sont des femmes. Ce que la femme veut Dieu veut. On se demande souvent comment elles ont facilement le visa. Jusqu’à une certaine période, un seul visa faisait voyager plusieurs filles. Dans la file à l’aéroport de Roissy elles évitent les policiers noirs qui peuvent savoir qu’elles ne sont pas les vraies détentrices du passeport. Pour les autres, noir c’est noir. J’en connais ainsi plusieurs qui ont voyagé en Europe et en Amérique. Si elles n’ont pas été ensevelies par la mer, la plupart se retrouvent comme des naufragées de rues européennes ou américaines. On ne peut pas voyager dans ces deux continents sans voir ce spectacle désolant des africaines dans les rues attendant des clients. Avec la sortie du livre du journaliste et réalisateur Olivier Enogo le débat est relancé. Dans son livre : « Les filières africaines de la prostitution. Mémoire d’une enquête », il nous plonge dans ce naufrage. Avant lui, Amely-James Bela dans son livre, « Dans l’enfer de la prostitution africaine en Europe » avait fait découvrir le piège dans lequel tombent nos filles africaines. Tout comme les hommes qui croient que le bonheur se trouve de l’autre côté de l’Atlantique, les femmes pensent également la même chose. Pas de bonheur en Afrique. Le vrai bonheur se trouve chez le Blanc. Il sait aimer que le Noir. Il est riche. Comme elles manquent de culture et d’information elles ne savent pas que là-bas le divorce atteint la moitié des mariages avant cinq ans. L’homme est le même sous tous les cieux. Pour épater ou pour répondre aux vœux du Blanc elles feront partir leurs photos en tenue d’Eve. Il faut se rendre dans les Cyber pour voir ce phénomène étrange. Toutes veulent des Blancs. Les sites de correspondance sont les plus pratiqués par les filles africaines. Pour sortir de la misère la voie du salut passe par le Blanc qui viendra les épouser pour aller en Europe. Elles ne connaissent de l’Occident que les films, les cartes postales et les mannequins. Au moment où leurs frères partent dans des pirogues elles arrivent par avion accueillies par le correspondant. La plupart va se retrouver dans la prostitution. Ainsi a décidé le correspondant qui va confisquer le passeport Le visa de tourisme étant épuisé elles seront des sans papiers à la merci du correspondant. Amely-James Bela l’avait déjà écrit. Beaucoup de ses filles feront l’amour avec des chiens, des singes, des chevaux et autres animaux. On va introduire des serpents dans leur vagin. Et tout cela filmé pour être vendu. Elles seront victimes de la scatophilie. La scatalogie est le fait de manger des excréments. Eh oui, on fait manger le caca au champagne à ces filles africaines. On réserve aux filles africaines tout ce que les autres prostituées blanches refusent de faire. Un ami venu d’un pays européen et qui m’a présenté son manuscrit m’a supplié de sensibiliser nos autorités politiques pour qu’on mette fin à ce trafic de la chair. Dans la ville où il habite, de nombreuses vitrines montrent les filles. Elles sont nues et présentées comme des marchandises. Ils croyaient que j’avais le pouvoir de parler à nos hommes politiques et de les faire agir. Ils savent mieux que nous que des filles africaines ont été sacrifiées dans des sectes sataniques en Europe. On leur enlève le cœur et le cerveau et le reste du corps est brûlé ou jeté dans la mer. Scotland Yard en a retrouvé. Ils savent mieux que nous que le Las Ramblas à Barcelone est un nid de la prostitution africaine, de même que La plaza del sol à Madrid ou même la Casa del Campo. Aux Etats-Unis une grande partie de celles qui se disent tresseuses font le plus vieux métier du monde. Il faut voyager pour le savoir. Cette conspiration du silence sur la prostitution africaine en Occident ne fait qu’augmenter le nombre de filles qui partent chaque jour pour un mariage qui se transforme en prostitution. Elles sont naïves et incultes. Je ne cesserai jamais de l’écrire et de le dire, le manque de culture et d’information, donc de lecture est un vrai naufrage pour le continent. Il n’est pas interdit de s’adonner à la lecture des ouvrages qui font rêver mais il faut pratiquer d’autres genres de lecture. Et c’est par manque de culture que ces filles qui ont le plus souvent des diplômes du supérieur se sont retrouvées dans les filières de la prostitution. Très peu s’en sortent. Une amie que j’avais mise en garde contre son correspondant qui lui envoyait souvent de l’argent ne m’a pas écouté. Elle m’a même rabroué. Elle pleure quand elle parle de son voyage. Celui qui disait l’aimer l’avait poussée dans la prostitution. Elle avait quand même pris ses précautions. «Et si Biton avait raison ! ». Une belle Camerounaise dans son désir de Blanc a passé neuf mois avec un fou. Son correspondant suivait un traitement dans un hôpital psychiatrique et avait fuit. Il correspondait avec la belle africaine. Faites l’expérience aujourd’hui. Allez découvrir les filles dans les Cyber. Regardez ce qu’elles font. C’est la honte. Ainsi va l’Afrique.

                                                                                                                           Par Isaïe Biton K

PS: Le titre vient de l'auteur de ce blog et non de M Biton

Par Euler
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Mercredi 31 octobre 2007

La question mobilise pourtant la classe politique, les Associations de défense des droits humains, les intellectuels et le monde des arts en France. Mais c’est le silence radio du coté des dirigeants africains.

En dehors du Président Abdoulaye Wade et du Président de la commission africaine Alpha Oumar Konaré qui ont clairement exprimé leur opinion sur le sujet, mais la majorité reste silencieuse.

Tous les jours, de jeunes africains tentent au péril de leur vie de rejoindre «l’eldorado européen» dans des embarcations de fortune. Plusieurs d’entre eux meurent sans sépultures aux portes de l’Europe sans décourager des milliers d’autres qui continuent de paufiner des plans de voyage à l’heure où nous parlons. Des mains valides quittent le continent à un flux effroyable et cela n’inquiète pas les dirigeants africains. Le vol et la fuite de cerveaux s’organisent dans l’indifférence quasi-totale de ces derniers.

Et pour ceux qui ont réussi à s’établir en France, le test d’ADN pour le regroupement familial est une tracasserie de plus. Nous n’avons rien contre la nouvelle politique d’immigration du gouvernement français visant le contrôle et la maitrise des flux migratoires sur le sol français. Déjà la limitation du nombre d’immigrants compte parmi les multiples mésures préconisées sinon déjà pratiquées par la France, pourquoi donc faire passer un test d’ADN aux candidats au regroupement familial puisque leurs nombres sont connus? Ce n’est pas une explication que de justifier cela par le simple fait que d’autres pays de l’Union Européenne le font. Des raisons et des circonstances sont certainement différentes selon les pays, mais pour nous africains, ce n’est q’une humiliation de plus, car cette réforme ne vise particulièrement que l’Afrique.

Ce test d’ADN pose problème d’abord sur l’ensemble des informations génétiques sensibles recueillies. Ensuite, des ennuis conjugaux que cette démarche pourrait eventuellement occasionner à la suite de certains résultats et enfin, quelles garanties le gouvernement français offre-t-il quant à la destination de ces échantillons une fois le test fait?

Les autorités françaises et leur gouvernement devraient savoir que les leçons qu’ils veulent faire au monde ne sont pas indiquées, parce qu’elles font une lecture sélective de l’histoire. Les colons français étaient bien les premiers à fouler de force le sol africain, à piller les richessses de l’Afrique et à arracher de force une partie de ses enfants.

Jusqu’à une époque relativement récente, ces mêmes africains qui avaient pourtant la facilité de s’établir en France après leurs études repartaient en masse chez eux et personne de ceux qui étaient restés en Afrique ne voulaient émigrer en France alors que les conditions d’obtention de visas et de séjour étaient à la portée de tous. Les conditions de vie en Afrique étant meilleures à cette époque, les phénomènes comme ceux que nous observons de nos jours étaient inimaginables. Mais la conjoncture est différente aujoud’hui, et la france est en grande partie responsable de ce qu’elle vit. Et pour qu’elle espère voir ce phénomène ralentir et s’arrêter un jour, elle devrait pour cela:
1)- Arrêter de destabiliser politiquement et économiquement l’Afrique.
2)- Arrêter d’imposer et de soutenir des régimes autoritaires en Afrique.
3)- Laisser la liberté à l’Afrique de choisir sa coopération multilatérale.

Même si c’est une question de politique interne à la France, mais, elle a une implication en Afrique, nos dirigeants ne devraient pas si rester silencieux. Je doute aujourd’hui de leur capacité à être utile et se battre pour l’Afrique. C’est comme si on se trompait d’époque, il ya un manque de leadership en Afrique alors qu’il ya des grands enjeux où ils devraient faire entendre la voix de l’Afrique. L’Afrique n’a plus besoin de ces fondés de pouvoirs de l’ex empire colonial à la tête de nos Etats à l’heure ou tout le monde prend conscience de son devenir partout sur la planète. 

Par Euler
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